Pas content !

L'été 2016

dans la catégorie Poésies

Je reviens de dans dix mille ans
De là où vivent les poètes
Lorsqu'ils s'affranchissent du temps
Pour embrasser la vie complète

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Protest song endiablée

dans la catégorie Insurrection

Merci à Alexis Kraland (Street Politics) pour les séquences vidéos, à Lundi matin pour la plupart des photos et à toutes celles et ceux qui trouvent plus de sens à tenir en respect la police plutôt qu'à continuer de jouer le jeu du capitalisme démocratique.

Vidéo HD, avec paroles en sous-titres, également disponible sur les plates-formes centralisées youtube et dailymotion.


Exercice d'adhomination vaguement poétique en forme de défouloir

dans la catégorie Poésies

Le 8 mars 2015, excédé qu'à peine réveillé, je sois contraint d'entendre à la radio la voix de Jeune Fille de Jean Quatremer, ânonner ses sempiternelles réflexions de comptoir à la gloire du microcosme des institutions de l'Union bruxelloises – dans lesquelles on peut le voir frétiller depuis une dizaine d'années, la gueule béate d'extase d'être autorisé à tremper sa queue dans ces eaux bénites du pouvoir –, j'ai commencé à spontanément gazouiller, un mois durant avec une irrégulière quotidienneté, une série de vers qui, un an plus tard, semblent suffisamment empreints d'un certain esprit carnavalesque, pour que je les étale ici. Que chacune ou chacun puisse y trouver ce qu'elle ou ce qu'il y cherche…

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Marx, de Michel Henry

dans la catégorie Ressources

henri_marx_internet_lqdn.jpgIl est des livres qui, lorsqu'on les referme sur leur dernière page, laissent irrésistiblement penser que toutes celles qui précèdent devraient être lues, comprises, assimilées par tous ; que le monde tournerait plus rond si ceux qui le meuvent – c'est-à-dire tous ceux qui vivent dans ce monde, en tant que la vie en est justement le principe moteur – étaient instruits et guidés par les réflexions et enseignements exposés dans ces pages. Le Marx de Michel Henry fait indéniablement partie de ces livres essentiels, fondamentaux, radicaux. Car la lecture marxienne qu'y propose Henry touche à l'essence de ce qu'est la vie, ce qui la fonde, en quoi elle prend racine.

On ne saurait mieux résumer cet imposant ouvrage – de presque mille pages – que par le paragraphe qui le conclut :

Parce que l'analyse économique s'enracine dans la structure ultime de l'être et se trouve déterminée par elle, elle puise dans cette origine le principe et le secret de son rayonnement et du pouvoir étrange par lequel elle nous atteint encore aujourd'hui. Pour cette même raison aussi, elle ne saurait prendre place dans un mémento des doctrines économiques. C'est principiellement que la pensée de Marx domine l'histoire. Que la subjectivité forme l'essence de la production ou que, dans un univers socialiste à venir, elle s'en retire et soit rendue à elle-même, elle constitue en tout cas le sol et le thème unique du développement conceptuel. La pensée de Marx nous place devant la question abyssale : qu'est-ce que la vie ?
Michel Henry, Karl Marx, Collection Tel, Gallimard, Paris, 2009, p. 960.

Car le point essentiel dans cette lecture de Marx que propose Michel Henry, c'est de montrer la logique dans l'évolution de la pensée marxienne, culminant avec la critique de l'économie politique du Capital ; et, surtout, que cette philosophie s'appuie tout entière sur une conception radicale de l'immanence de la vie. C'est en effet rien de plus ni rien de moins, rien d'autre que cette force vitale, dont l'Être n'existe que dans l'action en vue de satisfaire ses propres besoins, qui constitue ontologiquement chaque subjectivité individuelle. De là découle toute forme de production. Le travail, au sens capitaliste du terme, n'a d'autre substance. L'aliénation ne signifie rien d'autre que sa capture et son détournement afin de servir l'objectif constitutif du Capital : la reproduction et l'accroissement infini de celui-ci grâce à la création de valeur et de survaleur.

Bien entendu, dans cette puissance vitale, dans cette praxis que Marx, selon Henry, identifie à la réalité même, on reconnaît sans peine l'effort pour persévérer dans son Être qui est au cœur de la philosophie spinoziste – et dont j'ai relevé précédemment la fibre révolutionnaire. C'est tout le génie de Michel Henry de montrer comment Marx analyse la modernité capitaliste comme une entreprise de renversement et de destruction de ce mouvement de la vie transformant la nature pour satisfaire ses besoins.

Ainsi le Marx de Michel Henry est une œuvre radicale, au sens où elle traite de ce qui est à la racine de la vie, de ce qui est précisément attaqué et nié par le capitalisme et, par conséquent, de ce pour quoi il est nécessaire de se révolter !

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La « propriété intellectuelle » c'est le viol ! troisième partie

dans la catégorie Informatologie

Intellectual_Property_by_tazis.jpgNous arrivons au terme de ce tryptique de billets sur la « propriété intellectuelle ». À partir d'un article de Richard Stallman, le premier billet nous avait permis, par une simple analyse textuelle du titre de cet article, de problématiser la question. La « propriété intellectuelle » y était en effet présentée comme un séduisant mirage, un être fantasmagorique et composite à l'apparence pourtant bien réelle.

L'étude bibliographique menée dans le second billet a confirmé que la « propriété intellectuelle » avait effectivement réussi à imposé l'unification de divers droits – droits d'auteurs, brevets, marques, dessins et modèles, etc. – malgré toutes leurs disparités. Somme toute, le seul point commun les rassemblant s'est avéré être justement qu'ils soient tous raccrochés à la banière de la propriété. Toutefois, cette caractérisation en termes de propriété s'est révélée on ne peut plus contingente et, au final, portée par un unique objectif de marchandisation qu'ont poussé des acteurs juridiques et industriels.

C'est donc dans le seul domaine de l'économie que le mirage de la « propriété intellectuelle » existe réellement. Il s'en suit que toute critique de la « propriété intellectuelle » en tant que telle, n'a de sens que située dans le champ économique. Pour le dire autrement : ce n'est qu'en tant qu'objet économique que la « propriété intellectuelle » est susceptible d'être appréhendée. Il nous faut donc, dans ce troisième et dernier billet, pénétrer le monde merveilleux de l'économie, tenter d'en dégager les lois spécifiques grâce auxquelles surgissent des êtres chimériques tels que la « propriété intellectuelle » et comprendre ainsi comment est régie leur mystérieuse existence.

1re partie : Stupeur et dévoilement
2e partie : Archéologie du savoir approprié

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La « propriété intellectuelle » c'est le viol ! deuxième partie

dans la catégorie Informatologie

intellectual_property_by_markofthedead-d345pnb.jpgDans le précédent billet, nous sommes partis du titre d'un article de Richard Stallman – ''Vous avez dit « propriété intellectuelle » ? Un séduisant mirage. – pour analyser ce qui sous-tend et ce qu'implique ce terme de « propriété intellectuelle ». Cette analyse textuelle a permis de discerner l'absence de substance sur laquelle repose cette notion, qui se présente comme un mirage, agglomérant divers concepts dans une totalité floue dont l'on ne distingue plus les parties. Mais il est également apparu qu'il s'agissait d'une image bien réelle, forgée par les mots qui la définissent et cela depuis qu'ils ont été prononcés, et qui s'imposait, empreinte d'une séduction trompeuse.

Il convient à présent d'examiner les questions qu'ont soulevées cette première analyse et, en premier lieu, de s'interroger sur les origines de ce mirage de la « propriété intellectuelle ». Comment ce mirage a-t-il été construit – c'est-à-dire quel a été le processus historique ayant conduit à parler de « propriété intellectuelle » ? Par qui – c'est-à-dire quels ont été les sujets de ce processus historique ? Dans quel but – c'est-à-dire quel a été l'objectif présidant à forger le concept englobant de « propriété intellectuelle » pour désigner les différents droits qu'il rassemble artificiellement ? Avec quels matériaux – c'est-à-dire qu'est-ce qui caractérise ces droits qu'englobe la « propriété intellectuelle » par rapport à ce qui n'en fait pas partie ? Pourquoi lui avoir donné cette forme – c'est-à-dire pourquoi avoir choisi les termes de propriété et intellectuelle pour nommer ce concept ?

C'est un euphémisme que de qualifier d'abondante la littérature académique sur la « propriété intellectuelle ». Cela fait maintenant plus de dix ans que j'y puise au gré des luttes auxquelles j'ai activement participé, que ce soit sur les brevets logiciels, le droit d'auteur sur Internet, ou les divers droits – brevet et droit d'auteur spécifique, mais aussi droit des marques, sur les bases de données, etc. – portant sur les logiciels. Mais depuis cinq mois, je me suis plongé dans les profondeurs de cette littérature foisonnante, afin d'y dénicher ce qui a spécifiquement trait à l'expression « propriété intellectuelle » elle-même : sa genèse, son existence et sa forme – soit, l'origine et la raison d'être de ce concept englobant divers droits et la forme qu'il prend de « propriété » réduite au qualificatif « intellectuelle ». C'est cette exploration bibliographique que relate ce second billet.

1re partie : Stupeur et dévoilement
3e partie : Le capital imaginaire
Théorie du droit des auteurs, Auguste-Charles Renouard
Théorie des droits sur les inventions et sur leurs produits, Auguste-Charles Renouard
Embryologie juridique, Edmond Picard

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La « propriété intellectuelle » c'est le viol ! première partie

dans la catégorie Informatologie

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Vous avez dit « propriété intellectuelle » ? Un séduisant mirage

C'est là le titre d'un article de Richard Stallman, que j'ai déjà brièvement évoqué sur ce blog. Il s'agissait alors pour moi, en l'absence de connaissances théoriques approfondies à propos de la propriété, de l'aborder à partir de mon expérience de ce qu'on nomme « propriété intellectuelle ». J'y rappelais toutefois que la critique de Stallman de la notion de « propriété intellectuelle » était double. D'une part, on range sous ce vocable une telle quantité de droits […] comportant tant de différences les uns avec les autres, que tout discours voulant englober tous ces droits conduit à des généralisations absurdes. D'autre part, parler de “propriété intellectuelle” en ce qui concerne ces droits fort différents les uns des autres insinue une analogie avec les droits de propriété tels qu'on les conçoit ordinairement sur des objets physiques, matériels.

Il est temps d'approfondir cette réflexion sur la « propriété intellectuelle ». Ce bref rappel du double argumentaire résumant l'article de RMS – acronyme usuel pour désigner Richard Matthew Stallman – est peu ou prou l'interprétation qui en a été donnée par les militants du logiciel libre, qui en tirent pour toute conclusion que « propriété intellectuelle » est un terme à éviter et qu'une critique claire ne peut reposer que sur chacun des droits disparates masqués par cette appellation générique trompeuse, paraphrasant ainsi la propre conclusion de Richard Stallman :

Si vous voulez réfléchir clairement aux problèmes soulevés par les brevets, les copyrights, les marques déposées ou diverses autres lois, la première étape est d'oublier l'idée de les mettre toutes dans le même sac, de les traiter comme des sujets séparés. La deuxième étape est de rejeter les perspectives étriquées et l'image simpliste véhiculées par l'expression « propriété intellectuelle ». Traitez chacun de ces sujets séparément, dans son intégralité, et vous aurez une chance de les examiner correctement.

Or, cet article de RMS comporte lui-même, tout du moins en apparence, une flagrante contradiction, qui cependant n'a jamais semblé gêner ni ses partisans, ni ses adversaires, si tant est que les uns et les autres l'aient seulement relevée. En effet, s'il ne peut exister de critique sérieuse englobant l'ensemble de ces droits hétéroclites, alors il devrait même être impossible de porter une quelconque contestation ayant pour objet tous ces droits. Fût-elle d'un parti pris suggérant d'éviter de penser chacun de ces droits par analogie avec les droits de propriété sur les objets physiques.

Cette apparente contradiction demande à être dépassée et la critique même de la notion de « propriété intellectuelle » réclame d'être approfondie. C'est tout l'objet du présent billet et de ceux qui suivront.

2e partie : Archéologie du savoir approprié
3e partie : Le capital imaginaire

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#JeSuisParsNaturae

dans la catégorie Insurrection

FRANCE-SHOOTING/Depuis le massacre perpétré ce 7 janvier 2015 dans les locaux de Charlie Hebdo et des assassinats qui l'ont suivi, il devient quasiment impossible d'aborder un autre sujet. Je m'étais initialement refusé à écrire quoi que ce soit dans le flot émotionnel qui s'est immédiatement épanché. Mais depuis les manifestations massives du dimanche 11 janvier, étant donné qu'il était partout décrété que nous vivions un moment historique auquel j'ai, en toute conscience, décidé de ne pas participer, j'avais pensé publier ici ma propre réaction dans la rubrique Au comptoir, afin d'expliciter pourquoi je ne pouvais éthiquement pas me résoudre à me rendre aux manifestations qui se sont succédées, qu'elles soient organisées ou spontanées.

Réflexion faite – le temps faisant son ouvrage, quand bien même, en l'espèce, il œuvre particulièrement rapidement –, quelques analyses critiques pertinentes ont commencé à voir le jour. Cependant je n'y ai pour l'instant pas retrouvé l'essentiel de ce qui constitue ma propre analyse. Celle-ci étant directement liée à l'esprit révolutionnaire constituant le cœur de ce blog, ce billet trouve mieux sa place dans la catégorie Insurrection.

Tout me pousse en effet à penser que la problématique principale de cet événement – pour lequel il est flagrant que chacun d'entre nous est en recherche d'explications dont la rationalité parviendrait à s'extraire du torrent passionnel ambiant  – réside dans l'absence d'une critique radicale de ce en quoi il a été instantanément qualifié : un acte terroriste.

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Arrêt Cardiaque Après Bataille

dans la catégorie Poésies

Accrostiché soudain près d'un commissariat
Calfeutré dans la peur tu vois enfin l'État
Armé d'illusions sur sa toute puissance
Brandir une allumette et mourir en silence

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À nos amis : l'insurrection spinoziste

dans la catégorie Ressources

a_nos_amis.jpg S'il est un livre à lire immédiatement, c'est bien À nos amis, signé par le comité invisible et publié ce mois d'octobre par les éditions La Fabrique.

Parce que ce livre approfondit la question révolutionnaire, dans la continuation du travail commencé avec Tiqqun et faisant bien évidemment l'objet du précédent livre rédigé par le comité invisible, L'Insurrection qui vient, mais également de Premières mesures révolutionnaires, bien que signé cette fois-ci par Éric Hazan et Kamo. Parce qu'il évite tout bavardage et pointe très exactement les sujets sur lesquels il importe de s'interroger ici et maintenant. Parce qu'il analyse avec une clairvoyance inégalée la situation actuelle et les insurrections qui ont jailli – puis ont été écrasées – ces dernières années. Parce qu'il offre un éclairage quasi prémonitoire sur les soulèvements qui se produisent mondialement, à peine quelques jours après sa parution, et notamment en France contre les violences policières, suite à l'assassinat de Rémi Fraisse. Parce qu'il développe une attaque au cœur même des infrastructures de pouvoir du capitalisme démocratique. Parce qu'il dénonce sans concession les idéologies, stratégies et tactiques se réclamant « de gauche » mais qui n'ont comme résultat qu'un renforcement de l'ordre social, économique et politique actuel.

Mais aussi, parce que c'est un livre dont il se dégage une puissance indéniable. Parce que ses aphorismes incisifs et ses envolées poétiques touchent directement – sans médiation – le lecteur, tant intellectuellement que corporellement, affectivement ou sensuellement. Parce qu'il s'appuie sur une rare maîtrise d'un socle théorique et philosophique conséquent lui conférant une indéfectible solidité. Parce qu'il suscite immédiatement chez tout révolutionnaire un sentiment de Joie partagée, tant la lecture d'À nos amis conforte et réalise l'idée que l'insurrection n'a jamais été aussi actuelle.

Tout ceci a déjà été mentionné à propos d'À nos amis, dont la sortie a été largement couverte par la presse. Et il n'est pas utile d'avancer ici une opinion supplémentaire sur ce livre. Car il n'est pas question dans cette adresse à l'ami [, à] l'ami que l'on ne connaît pas encore, aussi, d'exposer un point de vue qu'il s'agirait d'approuver ou de critiquer. Je n'en résumerai pas non plus l'enchaînement – qui, pour n'être point linéaire, n'en reste pas moins logique – des propos. Pour savoir sommairement ce que le comité invisible y retranscrit, on pourra se reporter par exemple à la note de lecture juste et fidèle, écrite par Camille Polloni, ou celle en anglais de Paul Cudenec.

On a souvent relevé à juste titre les influences situationnistes ou heideggeriennes du comité invisible. Mais j'aimerais dans ce billet souligner une autre philosophie qui sous-tend l'ensemble de ce dernier livre, en donne une clef de lecture et qui, à ma connaissance, n'a jamais été mentionnée, ni d'ailleurs explicitement revendiquée par le comité invisible. On ne peut même pas dire qu'il s'agisse d'une influence – peu importe que ce soit ou non le cas finalement –, tant cette philosophie apparaît maîtrisée, mise en pratique, en œuvre – mieux : réalisée – dans À nos amis. Car cette philosophie, loin de n'être que spéculation théorique, est une philosophie pratique, une éthique. Et cette éthique, qui est celle que propose le comité invisible comme début de plan pour penser, attaquer, construire, bref pour réaliser l'objectif révolutionnaire, c'est celle de Spinoza.

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Le plateau de Millevaches appelle à bloquer les gendarmeries

dans la catégorie Ressources

Je relaie ici un appel lancé le 9 novembre 2014 par l'assemblée populaire du plateau de Millevaches, en réponse aux multiples arrêts préfectoraux ayant interdit ces dernières semaines les manifestations organisées contre les violences policières suite à l'assassinat de Rémi Fraisse par des gendarmes dans la nuit du 25 au 26 octobre lors d'une manifestation contre le barrage de Sivens.

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L'opposition au fétichisme mérite mieux que la dialectique des politiques de l'offre et de la demande

dans la catégorie Au comptoir

En lisant ce soir un billet sur le blog de Philippe Aigrain, je n'ai pu m'empêcher de penser au dernier que j'ai moi-même écrit, dans lequel je reprochais à Frédéric Lordon sa pusillanimité à pousser sa réflexion jusqu'au bout et réclamer explicitement une sortie du capitalisme démocratique.

Il me semble en effet qu'à la question initiale posée par le billet de Philippe Aigrain – soit la recherche d'une explication à l'absence d'insurrection face aux manifestations désastreuses de la politique gouvernementale actuelle – il est un peu rapide d'écarter d'un revers de la main la « force des institutions ».

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Muscle ton jeu, Fredo - Frédéric Lordon ou la sortie du capitalisme

dans la catégorie Au comptoir

J'aime beaucoup Frédéric Lordon. Principalement lorsque dans ses recherches universitaires, il applique des concepts spinozistes à l'analyse de l'ordre socio-économique actuel. Cela procure par exemple une base théorique solide à la critique du travail. Mais, j'aime également lire « l'autre Lordon », celui qui commente l'actualité politique et économique. Notamment parce je trouve sa prose délectable. Car, bien que lui-même revendique volontiers cette dissociation identitaire, je ne suis pas sûr qu'il y ait lieu de la faire. Le Lordon universitaire se prénomme Frédéric et Lordon reste le patronyme du Frédéric chroniquant la vie politico-économique. D'ailleurs ses études spinozistes transparaissent assez nettement dans les papiers où il expose son interprétation de l'actualité. Et il y a dans ce dernier exercice, un tel humour stylé permettant de délivrer avec panache des critiques assassines envers tout ce et tout ceux qu'il convient de tancer lorsque l'on est « de gauche ». Bref, il existe indéniablement un sentiment de connivence avec Frédéric Lordon.

Cependant, même la pensée lordonienne doit être soumise à son tour à la critique. Car il faut bien avouer que sa pusillanimité à proposer franchement une sortie du capitalisme, tout en prenant soin à ne pas disqualifier un tel but radical, voire à suggérer timidement que cet objectif est tout à fait souhaitable, commence à lasser. Son dernier livre, La Malfaçon - Monnaie européenne et souveraineté démocratique, illustre parfaitement cet agacement. Il s'agit en fait d'un recueil d'articles, que Lordon a précédemment publiés sur son blog, décrivant avec acuité les dérives du système politico-économique européen, mais se contentant d'en tirer la nécessité de mesures d'adaptation dont, il est vrai, on ne peut nier qu'elles sont proposées afin d'atténuer la violence du capitalisme démocratique sur le « peuple ». L'ouvrage est d'ailleurs précédé d'une longue introduction où Lordon tente de se prémunir de toute critique l'accusant de ne pas envisager carrément la sortie de ce système, en arguant que s'il ne conteste pas cet objectif, ce dernier est si radical qu'il ne peut être visé que sur le long terme et que les propositions qu'il avance ont pour but d'adoucir la souffrance qu'il faudrait endurer jusqu'à ce terme éloigné.

Dans cette obstination de Lordon à se limiter à n'avancer que des propositions qui, au final, ne représentent rien de plus qu'un espoir de retour du bon vieux keynésianisme, il y a toutefois plus qu'un désir d'agir dans l'urgence. On peut en effet y déceler une lacune essentielle dans sa critique de l'ordre social capitaliste. Justement, Frédéric Lordon signe un très long article dans le numéro de septembre 2014 du Monde diplomatique, exposant sa vision de ce qu'est véritablement la « gauche » et ce qu'il conviendrait de faire pour tout parti gouvernemental s'en réclamant. C'est l'occasion de mettre en lumière dans cet article – que l'on pourra consulter dans son intégralité à la fin du présent billet – ce qui fait exactement qu'on a envie de lui dire : « Allez Frédéric, lâche-toi un peu ! Va jusqu'au bout de ton analyse du capitalisme démocratique ! Et tires-en la conséquence inévitable que tes mesurettes n'y changeront rien et ne pourront même plus s'appliquer. Dis-le bon sang : il faut s'occuper dès à présent de penser la sortie du capitalisme ! »

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Va faire tes devoirs, p'tit con : vote !

dans la catégorie Au comptoir

Suite au vote à l'Assemblée nationale du projet de loi sur la lutte contre le terrorisme, une amie se désolait que celui-ci, et plus encore les débats qui l'ont précédé, mettaient en lumière la convergence dans le sacrifice des libertés des partis de la majorité  – qui, ayant maintenant largement fait preuve qu'ils n'ont plus rien de gauche, sont priés d'être nommés « droite complexée » – et de ceux de l'opposition – dont on a depuis longtemps admis devant l'évidence qu'ils se situaient dans la « droite décomplexée ».

Lui faisant remarquer que malgré ce flagrant étalage de la dangerosité des partis politiques, quels qu'ils soient, elle continuait d'aller voter, je me suis vu répondre que c'était là un devoir. L'argument est tellement dénué de toute intelligence que je n'avais pas songé à l'aborder dans le billet de fond que j'ai déjà consacré à l'abstention. Mais puisque visiblement c'est un argument qu'on ose encore soulever, j'y répondrai rapidement ici, sur un ton plus léger, inaugurant ainsi une nouvelle catégorie de billets, plus courts, réagissant à l'actualité.

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Voter tue

dans la catégorie Insurrection

Voter tue

Je ne vote plus depuis cinq ans. Le choix de l'abstention ne fut pas une décision facile à prendre, mais mûrement réfléchie. Ce refus de voter a suscité dans mon entourage de vives critiques, souvent enflammées, comme s'il représentait quelque chose qui sortait de l'ordre du concevable et par là-même de l'acceptable. Pourtant, plus ma réflexion sur le sujet avance, plus elle me conforte dans ce choix conscient d'abstention active. Plus aussi, la critique qu'il exprime se radicalise, au point qu'à présent, j'en viens à considérer comme une stupidité aveugle le conformisme de ceux qui se résignent encore à voter. Ce billet tente d'expliciter le raisonnement qui me conduit aujourd'hui à approuver la justesse de ce slogan tagué sur un mur du XXe arrondissement de Paris, photographié en février 2012 : « Voter tue ! ».

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Premières mesures révolutionnaires : se méfier du piège du revenu garanti

dans la catégorie Ressources

Au milieu de leurs réflexions sur le travail, l'argent et l'économie, Éric Hazan et Kamo abordent dans Premières mesures révolutionnaires le sujet du revenu garanti. Puisqu'ils venaient d'appeler le mouvement insurrectionnel à disjoindre travail et possibilité d'exister, on aurait pu s'attendre à ce qu'ils soutiennent cette proposition, consistant globalement à attribuer à chaque citoyen un revenu tout au long de sa vie, indépendamment du fait qu'il exerce une activité rémunérée. Au contraire, le revenu garanti est jugé être une « fausse bonne idée » dont il convient de se méfier. En effet, selon Kamo et Hazan, sa mise en œuvre irait à l'encontre des objectifs que se fixe une révolution censée renverser le capitalisme démocratique.

J'ai moi-même appelé, pour des raisons tactiques, à soutenir une pétition à l'échelon européen pour une initiative populaire en faveur du revenu garanti – au final cette initiative a été abandonnée faute d'avoir recueilli le nombre suffisant de signatures – je ne me suis cependant jamais exprimé sur le fond de cette proposition, que je suis avec grand intérêt depuis une quinzaine d'années. Ce billet est l'occasion de revoir ce qui est louable ou critiquable dans le revenu garanti.

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Programme de recherche

dans la catégorie Pas content !

Cela fait maintenant pratiquement cinq mois que je n'ai rien publié sur ce blog. Je ne l'ai pas abandonné pour autant et j'ai poursuivi mes recherches par un grand nombre de lectures, de visionnages ou d'écoutes, ainsi qu'en assistant à quelques conférences ou par la discussion informelle tant en ligne que lors de rencontres de visu, tout cela ayant suscité nombre de réflexions qui demandent à être approfondies…

J'aimerais dans ce billet recenser les diverses pistes de recherche que je compte explorer – que ce soit à court, moyen ou long terme – et qui devraient donner lieu à la publication de mes réflexions sur ce blog. Il s'agit donc d'un « meta billet » dont j'espère que l'intérêt, s'il est en première instance tout personnel – visant à organiser mes propres recherches intellectuelles ‑, pourrait être pour tout visiteur de ce blog d'avoir un panorama de qu'il pourra y trouver.

L'objectif de ce blog n'a pas changé : expliciter ce qui fait naître et nourri [l']envie d'insurrection [et] pourquoi l'insurrection est la seule réponse possible au renversement des rapports de domination, car c'est bien ce renversement qui me semble constituer une urgente priorité. L'ensemble des recherches que je compte effectuer s'inscrit ainsi dans ce but insurrectionnel.

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La ruine des brevets logiciels : it's the stupid economy!

dans la catégorie Informatologie

Pour écrire un billet traitant de l'économie, j'ai dû me plonger dans une montagne de lectures sur la théorie économique, depuis Xénophon et Aristote, jusqu'à la wertkritik, la théorie de la régulation, le capitalisme cognitif ou l'écologie politique, en passant par Marx, Smith et Ricardo. Le principal enseignement que j'en tire est que, comme toute science sociale, l'économie vise à produire des modèles de la société dans laquelle nous vivons, afin de nous aider à la comprendre et la maîtriser.

Le propre de l'économie du capitalisme démocratique est cependant de dépasser cette phase de modélisation en érigeant les modèles conçus au rang de vérité absolue, non seulement rendant compte de la totalité de la réalité, mais en commandant que toute action sur la réalité se conforme à ces modèles. L'abstraction – c'est-à-dire étymologiquement l'extraction, la séparation, l'ablation d'une partie d'un tout –, qui a permis de construire ces modèles économiques à partir de la réalité, est consciencieusement dissimulée. Il en résulte une objectivation, une réification du produit de cette abstraction qui se présente à nous comme capable d'exercer un pouvoir – s'affichant comme naturel alors qu'il est socialement construit –, sur nos vies. Même les plus « sociaux-démocrates » des réformateurs reconnaissent qu'il s'agit là d'une stupidité et qu'il conviendrait de remettre l'économie à sa place : celle de l'élaboration de modèles abstraits qui doivent être pris en tant que tels : abstraits, ne représentant qu'une projection partielle – mutilée – de la réalité et devant ainsi se soumettre à sa totalité et non l'inverse. « Faire primer la politique, la démocratie, l'humain – faites votre choix ! – sur l'économie » est le slogan rendant compte de la prise de conscience de la stupidité de l'économie en tant que délire hégémonique.

Mais l'économie du capitalisme démocratique est stupide à plus d'un titre. Elle l'est surtout dans ses fondements mêmes. L'analyse de ce en quoi elle consiste ne peut que conduire à conclure qu'elle est génétiquement conçue pour aboutir à sa propre fin – et ce de manière endogène. Or, cette analyse est centrée autour du concept de valeur. La valorisation de la valeur est ce qui définit le but du capitalisme.

On touche là à quelque chose que je connais bien. De par ma formation en informatique, la manipulation des valeurs est au cœur des logiciels que je programme quotidiennement. Mais l'écho entre économie et informatologie ne s'arrête pas ici. C'est en m'engageant dans l'activisme contre les brevets logiciels que j'ai défini le terme d'informatologie, comme étant l'étude de l'informatique ne s'arrêtant pas au seul angle purement technique – par exemple de la programmation –, mais englobant une critique l'abordant sous ses aspects sociologique, historique, économique, politique, éthique et philosophique : l'informatologue est à l'informaticien ce que le politologue est au politicien.

C'est dans ce champ précis que la crise du capitalisme démocratique rencontre la crise du système des brevets. Ce billet, en explorant le parallèle entre l'économie capitaliste et les brevets logiciels, se propose de montrer que l'un et l'autre s'acheminent à grand pas vers leur anéantissement et qu'il importe qu'ils soient dépassés.

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Premières mesures révolutionnaires : marginaliser l'argent, éradiquer l'économie

dans la catégorie Ressources

Revenons où nous nous étions arrêtés dans la discussion de Premières mesures révolutionnaires, le livre d'Éric Hazan et Kamo, c'est-à-dire à la nécessaire abolition du travail. Il n'est bien entendu pas question d'entendre par là une suppression de toute activité humaine « productive » ou non. Quel que soit le mode d'organisation social en vigueur, il sera toujours nécessaire d'accomplir des activités, non seulement pour agir sur la nature et subvenir ainsi aux besoins humains essentiels, mais également parce que c'est dans l'activité que l'humain se réalise. Lorsqu'il est proposé d'abolir le travail, le mot est à prendre dans le sens du travail salarié tel qu'il est effectivement désigné dans la société capitaliste : la dépense auto-référentielle de la simple force de travail sans égard à son contenu.

Mais, il est dès lors impossible de parler d'abolition du travail sans englober son inséparable corollaire : l'argent. Les deux sont indissociables, comme l'illustre avec humour le sketch de Coluche incarnant un chômeur :

Lecteur audio intégré

Comme souvent, ce trait d'humour – les gens ne réclameraient pas de travail mais uniquement de l'argent – recèle une vérité plus profonde : le but essentiel du travail, dans la société du capitalisme démocratique, est de gagner de l'argent. Force est de constater que le travail est le principal – et pour la majorité des gens, le seul – moyen de parvenir à se procurer l'argent autour duquel tout est organisé dans cette société marchande. Argent et travail sont ainsi le cœur de l'organisation capitaliste. On ne peut que suivre le philosophe André Gorz lorsqu'il dénonce la complicité structurelle [qui] lie le travailleur et le capital : pour l'un et pour l'autre, le but déterminant est de “gagner de l’argent”, le plus d’argent possible (Ecologica, Paris, éditions Galilée, 2008).

Suivons donc Kamo et Hazan dans les mesures proposées quant à l'argent et plus globalement à l'économie.

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Pour en finir avec le désir de travail

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lordon_affects.jpgAu point où nous sommes parvenus – l'indispensable disjonction du travail et de la possibilité d'exister – et avant d'aborder le sujet suivant – l'abolition de l'économie –, qui lui est intimement lié, il me paraît nécessaire de revenir sur l'objection majeure à la critique radicale de l'emploi salarié. Cette critique d'ordre métaphysique revient en fait simplement à opposer à une disparition du travail, un désir de travailler qui nous habiterait quasi-ontologiquement et ferait du travail, sinon l'essence, tout au moins un élément déterminant de la réalisation de soi, par conséquent inattaquable et indépassable.

Il n'est pas question de nier ce « désir de travail ». Cette opinion qui le brandit est on ne peut plus sérieuse, car elle est profondément ancrée. Parlez avec n'importe qui de supprimer le travail, vous aurez toutes les chances de vous heurter soit à une incompréhension frisant l'horreur que vous ne touchiez là à l'inconcevable, soit à un refus catégorique débouchant sur une véritable déclaration d'amour envers le travail. C'est bel et bien là l'une des plus grandes victoires du capitalisme démocratique d'être parvenu à ce que le « désir de travail » soit si parfaitement intériorisé, que ceux-là mêmes qui en subissent les souffrances – pire : ceux-là même qui sont conscients des afflictions que leur cause le travail – en deviennent les plus vaillants défenseurs.

J'ai commencé à répondre à cette objection en montrant, avec Dominique Méda, qu'on ne saurait revendiquer que le travail produit de l'autonomie alors qu'il est intrinsèquement hétéronome, principalement par sa fonction et sa caractéristique première, car le travail est avant tout économique. Il faut sans doute poursuivre cette réfutation et l'approfondir. Car, en présence d'un état d'esprit si profondément enraciné, il ne s'agit de rien de moins que d'en appeler à un changement de mentalité.

Et pour défaire un imaginaire si prégnant, il faut bien toute la puissance des concepts mis à disposition par la philosophie. J'ai déjà effleuré ce que le conatus et les affects, tels que définis dans la philosophie de Spinoza, pouvaient apporter à une réfutation en règle de l'objection considérant que si personne n'est obligé de travailler, nos besoins naturels ne pourraient être satisfaits. Dans une démonstration magistrale, Frédéric Lordon montre, en s'appuyant sur ces mêmes concepts, combien le « désir de travail » ne saurait être vu comme expression d'un « libre arbitre » – dont l'existence est d'ailleurs hautement discutable – mais plutôt comme le produit structurel du capitalisme démocratique. L'évolution du capitalisme – dont Lordon distingue trois phases : pré-fordien, fordiste et néo-libéral – aboutit clairement à cette construction de l'imaginaire faisant du « désir de travail » le vecteur privilégié de la réalisation de soi.

Outre ses talents clairvoyants d'économiste et de philosophe, la dextérité littéraire de Frédéric Lordon rend son propos largement accessible – et ce, malgré la rudesse des concepts et du raisonnement philosophique utilisés. Il est donc temps de s'effacer pour laisser place à de larges citations d'un article intitulé Pour un structuralisme des passions, paru dans la revue Tracés 3/2013 (n° HS-13), p. 49-72 (DOI : 10.4000/traces.5694) et qui est une version remaniée d’un chapitre de l'ouvrage La société des affects. Pour un structuralisme des passions, Seuil, coll. « L'ordre philosophique », 2013, 284 p., ISBN : 978-2-02-111983-1.

La démonstration est longue, car elle nécessite d'expliciter les concepts employés et leur applicabilité aux sciences sociales, mais le raisonnement est limpide, pour peu qu'on soit attentif au chemin qu'il emprunte. Armons-nous donc de patience pour nous en délecter, le jeu en vaut la chandelle !

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