Prenant beaucoup de temps pour rédiger les prochains billets autour du livre d’Éric Hazan et Kamo, Premières mesures révolutionnaires, qui aborderont les questions – si fondamentales qu’elles demandent une étude sérieuse retardant la publication de ces billets – liées au travail et à l’économie, j’interromps momentanément cette série de billets, pour partager un texte et une musique de Léo Ferré : La solitude.

Il y a dans cette chanson tout à la fois une beauté artistique indéniable, une poésie dont les mots ont cette acuité magnifique qui vient directement frapper les sensibilités, une puissance politique évidemment porteuse d’insurrection et cette aisance à démonter les lieux communs – en l’occurrence que la solitude ne pourrait engendrer que la compassion envers celui qui l’éprouve en raison de la croyance pathologique que la solitude serait indiscutablement à plaindre, ou qu’elle irait à l’exact opposé du concept de fraternité dont le caractère éminemment subversif en fait, selon moi, un élément indispensable de l’insurrection.

Je me garderais bien de tout commentaire ou analyse de cette œuvre dont la puissance ne pourrait être mieux appréhendée qu’en se laissant pénétrer par sa forme brute. Lisez et écoutez plutôt cette interprétation d’Hubert-Félix Thiéfaine magnifiant cette chanson exceptionnelle…

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