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Ferré

Fil des billets

L'été 2016

dans la catégorie Poésies

Je reviens de dans dix mille ans
De là où vivent les poètes
Lorsqu'ils s'affranchissent du temps
Pour embrasser la vie complète

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Interlude de la solitude

dans la catégorie Poésies

Prenant beaucoup de temps pour rédiger les prochains billets autour du livre d'Éric Hazan et Kamo, Premières mesures révolutionnaires, qui aborderont les questions – si fondamentales qu'elles demandent une étude sérieuse retardant la publication de ces billets – liées au travail et à l'économie, j’interromps momentanément cette série de billets, pour partager un texte et une musique de Léo Ferré : La solitude.

Il y a dans cette chanson tout à la fois une beauté artistique indéniable, une poésie dont les mots ont cette acuité magnifique qui vient directement frapper les sensibilités, une puissance politique évidemment porteuse d'insurrection et cette aisance à démonter les lieux communs – en l'occurrence que la solitude ne pourrait engendrer que la compassion envers celui qui l'éprouve en raison de la croyance pathologique que la solitude serait indiscutablement à plaindre, ou qu'elle irait à l'exact opposé du concept de fraternité dont le caractère éminemment subversif en fait, selon moi, un élément indispensable de l'insurrection.

Je me garderais bien de tout commentaire ou analyse de cette œuvre dont la puissance ne pourrait être mieux appréhendée qu'en se laissant pénétrer par sa forme brute. Lisez et écoutez plutôt cette interprétation d'Hubert-Félix Thiéfaine magnifiant cette chanson exceptionnelle…

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Le poids de l'ordre social voltairien

dans la catégorie Insurrection

L'esprit d'une nation réside toujours dans le petit nombre qui fait travailler le grand, est nourri par lui, et le gouverne.

Cette citation de Voltaire revient comme un refrain dans les exposés – ô combien instructifs – d'Henri Guillemin diffusés par la radio télévision suisse. Bien évidemment, à propos de la Révolution de 1789 et de l'avènement d'une richesse mobilière – banquiers, affairistes, riches commerçants – succédant à la richesse immobilière – noblesse et clergé. Mais on retrouve également cette citation pour illustrer la prise de pouvoir de Napoléon, ou la politique intérieure poursuivie par Adolphe Thiers en 1870 et pendant l'insurrection de la Commune de Paris. Ou encore lors de l'inexorable progression vers la première guerre mondiale durant les gouvernements successifs de la IIIe République sur fond de déchirements vis-à-vis de la mise en place d'un impôt sur le revenu. À toute époque, cette conception voltairienne de l'ordre social a été ce qui a guidé la conduite des affaires politiques, tant intérieures qu'extérieures.

Il semble qu'il ne faille pas cesser de rappeler cette citation, tant elle illustre toujours aussi parfaitement à l'heure actuelle l'essence même de ce qui ordonne les rapports sociaux.

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