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#JeSuisParsNaturae

dans la catégorie Insurrection

FRANCE-SHOOTING/Depuis le massacre perpétré ce 7 janvier 2015 dans les locaux de Charlie Hebdo et des assassinats qui l'ont suivi, il devient quasiment impossible d'aborder un autre sujet. Je m'étais initialement refusé à écrire quoi que ce soit dans le flot émotionnel qui s'est immédiatement épanché. Mais depuis les manifestations massives du dimanche 11 janvier, étant donné qu'il était partout décrété que nous vivions un moment historique auquel j'ai, en toute conscience, décidé de ne pas participer, j'avais pensé publier ici ma propre réaction dans la rubrique Au comptoir, afin d'expliciter pourquoi je ne pouvais éthiquement pas me résoudre à me rendre aux manifestations qui se sont succédées, qu'elles soient organisées ou spontanées.

Réflexion faite – le temps faisant son ouvrage, quand bien même, en l'espèce, il œuvre particulièrement rapidement –, quelques analyses critiques pertinentes ont commencé à voir le jour. Cependant je n'y ai pour l'instant pas retrouvé l'essentiel de ce qui constitue ma propre analyse. Celle-ci étant directement liée à l'esprit révolutionnaire constituant le cœur de ce blog, ce billet trouve mieux sa place dans la catégorie Insurrection.

Tout me pousse en effet à penser que la problématique principale de cet événement – pour lequel il est flagrant que chacun d'entre nous est en recherche d'explications dont la rationalité parviendrait à s'extraire du torrent passionnel ambiant  – réside dans l'absence d'une critique radicale de ce en quoi il a été instantanément qualifié : un acte terroriste.

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À nos amis : l'insurrection spinoziste

dans la catégorie Ressources

a_nos_amis.jpg S'il est un livre à lire immédiatement, c'est bien À nos amis, signé par le comité invisible et publié ce mois d'octobre par les éditions La Fabrique.

Parce que ce livre approfondit la question révolutionnaire, dans la continuation du travail commencé avec Tiqqun et faisant bien évidemment l'objet du précédent livre rédigé par le comité invisible, L'Insurrection qui vient, mais également de Premières mesures révolutionnaires, bien que signé cette fois-ci par Éric Hazan et Kamo. Parce qu'il évite tout bavardage et pointe très exactement les sujets sur lesquels il importe de s'interroger ici et maintenant. Parce qu'il analyse avec une clairvoyance inégalée la situation actuelle et les insurrections qui ont jailli – puis ont été écrasées – ces dernières années. Parce qu'il offre un éclairage quasi prémonitoire sur les soulèvements qui se produisent mondialement, à peine quelques jours après sa parution, et notamment en France contre les violences policières, suite à l'assassinat de Rémi Fraisse. Parce qu'il développe une attaque au cœur même des infrastructures de pouvoir du capitalisme démocratique. Parce qu'il dénonce sans concession les idéologies, stratégies et tactiques se réclamant « de gauche » mais qui n'ont comme résultat qu'un renforcement de l'ordre social, économique et politique actuel.

Mais aussi, parce que c'est un livre dont il se dégage une puissance indéniable. Parce que ses aphorismes incisifs et ses envolées poétiques touchent directement – sans médiation – le lecteur, tant intellectuellement que corporellement, affectivement ou sensuellement. Parce qu'il s'appuie sur une rare maîtrise d'un socle théorique et philosophique conséquent lui conférant une indéfectible solidité. Parce qu'il suscite immédiatement chez tout révolutionnaire un sentiment de Joie partagée, tant la lecture d'À nos amis conforte et réalise l'idée que l'insurrection n'a jamais été aussi actuelle.

Tout ceci a déjà été mentionné à propos d'À nos amis, dont la sortie a été largement couverte par la presse. Et il n'est pas utile d'avancer ici une opinion supplémentaire sur ce livre. Car il n'est pas question dans cette adresse à l'ami [, à] l'ami que l'on ne connaît pas encore, aussi, d'exposer un point de vue qu'il s'agirait d'approuver ou de critiquer. Je n'en résumerai pas non plus l'enchaînement – qui, pour n'être point linéaire, n'en reste pas moins logique – des propos. Pour savoir sommairement ce que le comité invisible y retranscrit, on pourra se reporter par exemple à la note de lecture juste et fidèle, écrite par Camille Polloni, ou celle en anglais de Paul Cudenec.

On a souvent relevé à juste titre les influences situationnistes ou heideggeriennes du comité invisible. Mais j'aimerais dans ce billet souligner une autre philosophie qui sous-tend l'ensemble de ce dernier livre, en donne une clef de lecture et qui, à ma connaissance, n'a jamais été mentionnée, ni d'ailleurs explicitement revendiquée par le comité invisible. On ne peut même pas dire qu'il s'agisse d'une influence – peu importe que ce soit ou non le cas finalement –, tant cette philosophie apparaît maîtrisée, mise en pratique, en œuvre – mieux : réalisée – dans À nos amis. Car cette philosophie, loin de n'être que spéculation théorique, est une philosophie pratique, une éthique. Et cette éthique, qui est celle que propose le comité invisible comme début de plan pour penser, attaquer, construire, bref pour réaliser l'objectif révolutionnaire, c'est celle de Spinoza.

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