Dans tes yeux certains soirs un raz d’marée se tord
Dans chacun de tes pas les pavés se soulèvent
Dans les cris que tu cries les voyell’s se colorent
Dans tes crocs bien sortis j’imagine ta sève

Bats-toi contre le vent mêm’ s’il faut te courber
Bats-toi face aux marées qui t’engluent sur la plage
Bats-toi avec tes arm’s car nous somm’s tous armés
Bats-toi dès qu’on te dit de rester là bien sage

Crache sur ton miroir lorsqu’il veut te séduire
Postillonne à la gueul’ de tes propres amis
Vomis tes ennemis jusqu’à les faire frire
Vide-toi en entier dès le lever du lit

Car ta révolution n’attendra pas plus longtemps
Car cette rébellion est l’œil pour enfin voir
Car seule la révolte accouche tes enfants
Car « le désordre c’est l’ordre moins le pouvoir »

Debout ! Il faut toujours te tenir bien debout
Prêt à te mettre en marche au moindre coup de feu
Annonçant le départ peu importe pour où
L’essentiel est d’aller loin loin vers d’autres cieux

Si ton poing est serré alors sers-toi du poing
Pour cogner et frapper sur les tabl’s du réel
D’un coup de poing bien fort faire saigner les groins
Et lève-le bien haut pour mieux frapper le ciel

Décroche les lunes le soleil est au bout
Alors tire le fil déroule la pelote
Jusqu’à atteindre l’astre et lui tordre le cou
Pour n’avoir pas assez illuminé ta grotte

Raccroche ton portable il ne te sert à rien
Il ne sait que mentir sans te laisser le temps
De déjouer ses tours de manège importun
Apprends à le laisser tourner dans le néant

Dans tes yeux certains soirs un raz d’marée se tord
Et il vient se pointer à la pointe du sein
Déchirant ton t-shirt pour mieux pointer dehors
Te soulever le cœur sous une pluie d’embruns

Dans chacun de tes pas les pavés se soulèvent
Pour t’ouvrir le chemin jusqu’au creux de mes bras
Là tu te sens si bien que seuls deux ou trois rêves
Pourraient te retenir de paver tes émois

Dans les cris que tu cries les voyell’s se colorent
Pour épouser l’essence ensoleillée d’la nuit
De son charme étoilé qui jamais ne t’endort
Glissant dans les aigus qui s’aiguis’nt quand tu jouis

Dans tes crocs bien sortis j’imagine ta sève
Prête à envenimer les âmes incertaines
Qu’un coup d’œil désempare et qu’un coup d’gueule achève
Qu’un coup de foudre embrase et qu’un coup d’vent ramène

Bats-toi contre le vent mêm’ s’il faut te courber
Fonce tête en avant pour défier les tempêtes
Avec toute ta force embaumée par l’été
Tu laisseras derrière un parfum de violette

Bats-toi face aux marées qui t’engluent sur la plage
Suis-les pour t’éloigner puis dis-leur au-revoir
Ta route continue bien après leur passage
Il faut savoir quitter ces marées d’un seul soir

Bats-toi avec tes arm’s car nous somm’s tous armés
Sous les fusils rouillés qui nous sortent des yeux
Les balles giclent bleues et le sang est teinté
De ces couleurs d’enfer qui font de nous des dieux

Bats-toi dès qu’on te dit de rester là bien sage
Ta place n’est jamais ici et maintenant
C’est plus loin et demain que s’exprime ta rage
Demain c’est aujourd’hui quand on commande au temps

Crache sur ton miroir lorsqu’il veut te séduire
Lorsqu’il te fait plus beau que tu ne te connais
Car tu sais ta beauté depuis que tu sais lire
Rien ne peut te tromper pas même ton reflet

Postillonne à la gueul’ de tes propres amis
Ils te remercieront délectés de salive
Ils savent cet amour de t’avoir dans leur lit
Et ils t’embrasseront puisque par toi ils vivent

Vomis tes ennemis jusqu’à les faire frire
Tu n’es pas si cruel depuis l’temps que tu meurs
Tue ceux que tu veux tuer et éclate de rire
En voyant leurs veuves au travers de tes pleurs

Vide-toi en entier dès le lever du lit
Et envoie tes baisers à qui voudra les prendre
Oh tu trouveras bien dans le lit de la nuit
Un sexe en érection qui viendrait de se pendre

Car ta révolution n’attendra pas plus longtemps
Ne manque pas l’instant où déferle l’orgasme
Plonge-toi en entier dans ton con ruisselant
Pour mieux éclabousser ce monde pris de spasmes

Car cette rébellion est l’œil pour enfin voir
Ce qu’on te tient caché dans la signalétique
Ce triangle isocèle à cribler l’isoloir
Avec ta solitude accroché à ta trique

Car seule la révolte accouche tes enfants
Si tu as une femme alors baise ta femme
Et conte-lui tout bas tes désirs d’elle ardents
Que naisse de son creux ce crime qui te crame

Car « le désordre c’est l’ordre moins le pouvoir »
Ton enfant naîtra libr’ la vie entre les dents
Cet enfant du désordre il est ta propre histoire
Féminine et radieuse à l’épreuve du sang