Pas content !

Pour en finir avec le désir de travail

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lordon_affects.jpgAu point où nous sommes parvenus – l'indispensable disjonction du travail et de la possibilité d'exister – et avant d'aborder le sujet suivant – l'abolition de l'économie –, qui lui est intimement lié, il me paraît nécessaire de revenir sur l'objection majeure à la critique radicale de l'emploi salarié. Cette critique d'ordre métaphysique revient en fait simplement à opposer à une disparition du travail, un désir de travailler qui nous habiterait quasi-ontologiquement et ferait du travail, sinon l'essence, tout au moins un élément déterminant de la réalisation de soi, par conséquent inattaquable et indépassable.

Il n'est pas question de nier ce « désir de travail ». Cette opinion qui le brandit est on ne peut plus sérieuse, car elle est profondément ancrée. Parlez avec n'importe qui de supprimer le travail, vous aurez toutes les chances de vous heurter soit à une incompréhension frisant l'horreur que vous ne touchiez là à l'inconcevable, soit à un refus catégorique débouchant sur une véritable déclaration d'amour envers le travail. C'est bel et bien là l'une des plus grandes victoires du capitalisme démocratique d'être parvenu à ce que le « désir de travail » soit si parfaitement intériorisé, que ceux-là mêmes qui en subissent les souffrances – pire : ceux-là même qui sont conscients des afflictions que leur cause le travail – en deviennent les plus vaillants défenseurs.

J'ai commencé à répondre à cette objection en montrant, avec Dominique Méda, qu'on ne saurait revendiquer que le travail produit de l'autonomie alors qu'il est intrinsèquement hétéronome, principalement par sa fonction et sa caractéristique première, car le travail est avant tout économique. Il faut sans doute poursuivre cette réfutation et l'approfondir. Car, en présence d'un état d'esprit si profondément enraciné, il ne s'agit de rien de moins que d'en appeler à un changement de mentalité.

Et pour défaire un imaginaire si prégnant, il faut bien toute la puissance des concepts mis à disposition par la philosophie. J'ai déjà effleuré ce que le conatus et les affects, tels que définis dans la philosophie de Spinoza, pouvaient apporter à une réfutation en règle de l'objection considérant que si personne n'est obligé de travailler, nos besoins naturels ne pourraient être satisfaits. Dans une démonstration magistrale, Frédéric Lordon montre, en s'appuyant sur ces mêmes concepts, combien le « désir de travail » ne saurait être vu comme expression d'un « libre arbitre » – dont l'existence est d'ailleurs hautement discutable – mais plutôt comme le produit structurel du capitalisme démocratique. L'évolution du capitalisme – dont Lordon distingue trois phases : pré-fordien, fordiste et néo-libéral – aboutit clairement à cette construction de l'imaginaire faisant du « désir de travail » le vecteur privilégié de la réalisation de soi.

Outre ses talents clairvoyants d'économiste et de philosophe, la dextérité littéraire de Frédéric Lordon rend son propos largement accessible – et ce, malgré la rudesse des concepts et du raisonnement philosophique utilisés. Il est donc temps de s'effacer pour laisser place à de larges citations d'un article intitulé Pour un structuralisme des passions, paru dans la revue Tracés 3/2013 (n° HS-13), p. 49-72 (DOI : 10.4000/traces.5694) et qui est une version remaniée d’un chapitre de l'ouvrage La société des affects. Pour un structuralisme des passions, Seuil, coll. « L'ordre philosophique », 2013, 284 p., ISBN : 978-2-02-111983-1.

La démonstration est longue, car elle nécessite d'expliciter les concepts employés et leur applicabilité aux sciences sociales, mais le raisonnement est limpide, pour peu qu'on soit attentif au chemin qu'il emprunte. Armons-nous donc de patience pour nous en délecter, le jeu en vaut la chandelle !

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Premières mesures révolutionnaires : disjoindre travail et possibilité d'exister

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Nous abordons dans ce quatrième billet autour du livre d'Éric Hazan et Kamo, Premières mesures révolutionnaires, les mesures qui, en mettant en cause les deux piliers du capitalisme démocratique que sont le travail et l'économie, augurent un changement radical de notre quotidien dans notre manière de faire société. Celle-ci est en effet quasi exclusivement organisée, dans l'ordre social dominant actuel, autour du travail salarié et de la recherche de l'abondance économique. Et le capitalisme démocratique parvient à imposer sa domination sur la quasi intégralité de notre mode de vie précisément grâce au travail et à l'économie.

Cette omnipotence du travail et de l'économie dans l'ordre social dominant actuel est telle qu'il est nécessaire – en complément de la posture adoptée par Kamo et Hazan de ne pas s'étendre sur le constat de sa faillite – de revenir sur les raisons exigeant qu'une insurrection s'attaque de front à ces deux piliers. Ce billet s'attache ainsi à ne discuter temporairement que du seul travail, tant la discussion à son seul propos peut être riche, laissant la critique de l'économie au billet suivant. Contrairement aux précédents billets, celui-ci ne suit donc pas linéairement le texte de Premières mesures révolutionnaires qui associe travail et économie, constatant avec justesse que les deux notions sont indissociables. Il est toutefois plus que probable qu'en explorant en détail les mesures requises pour mettre en pièces l'imposant pilier du travail, ses fondations dans l'économie soient ébranlées dans le même mouvement…

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Interlude de la solitude

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Prenant beaucoup de temps pour rédiger les prochains billets autour du livre d'Éric Hazan et Kamo, Premières mesures révolutionnaires, qui aborderont les questions – si fondamentales qu'elles demandent une étude sérieuse retardant la publication de ces billets – liées au travail et à l'économie, j’interromps momentanément cette série de billets, pour partager un texte et une musique de Léo Ferré : La solitude.

Il y a dans cette chanson tout à la fois une beauté artistique indéniable, une poésie dont les mots ont cette acuité magnifique qui vient directement frapper les sensibilités, une puissance politique évidemment porteuse d'insurrection et cette aisance à démonter les lieux communs – en l'occurrence que la solitude ne pourrait engendrer que la compassion envers celui qui l'éprouve en raison de la croyance pathologique que la solitude serait indiscutablement à plaindre, ou qu'elle irait à l'exact opposé du concept de fraternité dont le caractère éminemment subversif en fait, selon moi, un élément indispensable de l'insurrection.

Je me garderais bien de tout commentaire ou analyse de cette œuvre dont la puissance ne pourrait être mieux appréhendée qu'en se laissant pénétrer par sa forme brute. Lisez et écoutez plutôt cette interprétation d'Hubert-Félix Thiéfaine magnifiant cette chanson exceptionnelle…

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Premières mesures révolutionnaires : créer l'irréversible

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Les précédents billets présentaient l'objectif de Premières mesures révolutionnaires – devenir à jamais ingouvernables – et désignaient le capitalisme démocratique comme adversaire, nous abordons maintenant la seconde partie du petit livre d'Éric Hazan et Kamo dont les quelques 65 pages en constituent le cœur : quelles mesures prendre immédiatement après une insurrection victorieuse pour que le renversement du capitalisme démocratique soit irréversible ?

D'abord, il s'agit identifier les erreurs commises lors de précédents soulèvements ayant signé l'échec de ces derniers à renverser l'ordre établi de manière définitive. La première mesure à prendre est en effet de ne pas répéter ces mêmes erreurs. Cette formulation de la séquence d'actions, reproduite avec constance, ayant conduit les révolutions passées à un renversement contre-révolutionnaire est l'un des apports majeur – auquel se consacre le présent billet – de ce livre.

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Premières mesures révolutionnaires : on a raison de se révolter

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Après avoir présenté Premières mesures révolutionnaires d'Éric Hazan et Kamo et laissé entrevoir l'importance que revêt ce livre en s'attachant à ce qu'il convient de faire, juste après le renversement insurrectionnel, afin de rester à jamais ingouvernables, ce billet aborde la première partie de l'ouvrage, intitulée « On a raison de se révolter ».

Il y a avant tout dans ce titre la confirmation réconfortante que l'insurrection est bien la voie inévitable à suivre pour parvenir à nos fins. On pourrait s'attendre à y trouver un constat de l'ordre social actuel mettant en évidence les raisons poussant à son renversement. Il n'en n'est rien, comme on en avait été averti dès l'introduction : il n'est pas utile de ressasser une critique supplémentaire des rapports de domination qui éveillerait les consciences afin de pousser à s'en insurger.

Kamo et Hazan développent plutôt dans cette rapide partie de quatorze pages ce qu'il est nécessaire de poser avant de s'attaquer aux mesures à prendre pour faire perdurer un nouvel ordre social : quelle doit être la cible précise de l'insurrection ? Que doit-elle abolir ? Bref – pour emprunter au vocabulaire guerrier – quel est l'ennemi à abattre ?

Et la réponse peut surprendre…

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Premières mesures révolutionnaires

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hazan_kamo.jpgOn entend souvent que les révolutions ne se font qu'aux beaux jours – allant jusqu'à situer au printemps les soulèvements de l'hiver 2011 dans le monde arabe. Il souffle pourtant sur l'automne 2013, un vent révolutionnaire dont les bourrasques se font sentir jusque dans la sacro-sainte rentrée littéraire. Au milieu de ces rafales, un ouragan atteignant 12° sur l'échelle de Beaufort : Premières mesures révolutionnaires d'Éric Hazan et Kamo.

Ce petit livre d'à peine plus d'une centaine de pages, que j'ai dévorées en quelques heures, est d'une telle richesse, d'une telle densité, d'un tel foisonnement de questions, problématiques et sujets dont je désire traiter sur ce blog, qu'il nécessite d'y consacrer une série de billets, dans lesquels je reviendrai en détail sur le propos du livre d'Hazan et Kamo en le ponctuant de nombreuses citations.

Mais surtout, la force de cette tempête soufflée par Premières mesures révolutionnaires vient moins de ce qu'il y est couché par écrit que de ce qui est mis en branle et demande à être enrichi des multiples vents, bises, brises, alizés, zéphyrs, simouns, siroccos, ponants, moussons, foehns, mistrals ou tramontanes se déchaînant durant toute insurrection. Ce livre est avant tout une invitation à se joindre et amplifier la discussion qui bruisse dans ses pages. Je tenterai donc dans la série de billets s'ouvrant ici par une présentation globale du livre de répondre à cette invitation venteuse en insufflant mes propres commentaires et inspirations tout au long de la trame proposée par Éric Hazan et Kamo.

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Sang vert

dans la catégorie Poésies

Debout ! Il faut toujours te tenir bien debout
Si ton poing est serré alors sers-toi du poing
Décroche les lunes le soleil est au bout
Raccroche ton portable il ne te sert à rien

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La fabrique de la loi

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Les questions juridiques, on s'en fiche, on a des juristes pour les régler !

C'est ainsi que m'a interrompu la députée socialiste du Nord, Audrey Linkenheld, lors d'une audition où j'expliquais aux deux rapporteurs de l'Assemblée nationale les problèmes, tant juridiques que politiques, suscités par un projet de règlement instituant un brevet unitaire, alors en cours de discussion au Parlement européen. Je ne sais si elle mentait par ignorance ou tartuferie, mais quoi qu'il en soit, on ne peut se tromper davantage !

Car lorsqu'il s'agit de la fabrique de la loi, mes années d'activisme pour la défense des libertés informationnelles m'ont appris que la compréhension des problèmes et des textes juridiques sont un élément essentiel permettant d’appréhender l’imposition de rapports de domination et de lutter contre. Je n'ai pas la prétention de me prendre pour un juriste, je n'ai fait aucune étude de droit. J'ai cependant acquis avec l'expérience une certaine capacité d'analyse des textes de loi, à débusquer les failles juridiques – capacité assez voisine de celle enseignée par ma formation scientifique pour chasser les bugs dans un code informatique – et à intervenir dans le processus d'élaboration de la loi afin de l'infléchir.

Ceci est à la portée de tout citoyen. Et c'est même un devoir dans une société reposant prétendument sur la démocratie représentative – pour peu que cette expression ne soit un oxymore, j'aurai sans doute l'occasion d'y revenir – de ne pas perdre de vue le contrôle du pouvoir octroyé à nos représentants d'organiser par la loi les règles de vie dans cette société. Je vous propose donc dans ce billet de partager cette expérience de la fabrique de la loi.

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Et la fraternité ? Bordel !

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En me promenant près des Buttes Chaumont, dans le 19e arrondissement de Paris, je suis tombé sur un carrefour intriguant.

plan_paris_rues_liberte_egalite_fraternite.png

La rue de la Liberté se heurte et se poursuit en rue de l'Égalité, rejetant perpendiculairement à leur intersection la rue de la Fraternité.

La première impression me venant à la vue de ce carrefour fut qu'il illustrait bien là, le peu de cas que l'on fait généralement du dernier terme de la triade républicaine française par rapport à ses deux illustres prédécesseurs que sont la liberté et l'égalité. Puis, immédiatement après, l'intuition que la fraternité possédait intrinsèquement un caractère subversif, propre à soutenir et motiver une insurrection.

Je vous propose donc dans ce billet d'embrasser ensemble le potentiel insurrectionnel porté par le concept de fraternité et pourquoi pas en musique :

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Édellitération

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Il existe parfois un souffle qui jaillit
D'un écrin si petit qu'on croit en l'innocence
On caresse sans fin le velours attendri
Et l'on est foudroyé de son aimance immense

Je me suis allongé dans son regard aimant
Et vu l'éternité d'un éphémère enfant


Robespierre et la propriété

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M'étant attaqué à la propriété en concluant qu'en aucun cas une insurrection se proposant d'inverser l'ordre social voltairien – sacralisant les rapports de domination des possédants – ne peut esquiver une négation totale du caractère sacré du droit de propriété. Ayant exposé en quelques citations la philosophie de Jean-Jacques Rousseau sur la propriété. Je souhaiterais dans ce billet partager un discours de Maximilien Robespierre devant la Convention, dans lequel celui-ci livrait sa conception d'une propriété qu'on ne peut nullement dériver du droit naturel, car elle est une institution sociale et relève de ce fait de la loi qui la définira.

Robespierre nous donne ici un exemple d'action politique possible en vue de la désacralisation de la propriété lorsqu'il répond au projet de Constitution élaborée par Condorcet en définissant juridiquement les articles qu'il souhaite voir figurer dans la Déclaration des droits de l'Homme.

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Rousseau, citoyen du futur

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jouary_rousseau_citoyen_futur.jpg Je reviens comme promis sur le livre de Jean-Paul Jouary 'Rousseau, citoyen du futur, Le Livre de Poche, collection Classiques de la philosophie, 2012. EAN13 : 2253089247.

Il est des lectures qui marquent, qui bouleversent, qui donnent envie de les partager, qui font naître le besoin que ses propres amis s'y soient de même plongés, parce qu'en sortant de telles lectures, rien n'apparaît plus intéressant à débattre que ce que l'on vient de vivre au contact de tels écrits.

Je ne sais laquelle de celle du petit livre de Jean-Paul Jouary ou de la lecture immédiate du Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, de Jean-Jacques Rousseau lui-même, fait partie au plus au degré de ce genre de lectures indispensables. Mais j'aimerais montrer dans ce billet combien la philosophie politique et sociale de Rousseau se calque parfaitement et inspire l'urgente nécessité d'insurrection que je dénonce sur ce blog, contre les rapports de domination, s'exprimant dans la conservation de l'ordre social voltairien basé sur une sacralisation de la propriété.

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S'attaquer à la propriété

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S'attaquer à la propriété est incontournable, puisque c'est cette notion même de « propriété » qui semble justifier depuis au moins deux siècles et demi les rapports de domination assujettissant la majorité du peuple à être gouvernée par une minorité de possédants.

Mais puis-je moi-même m'attaquer à la propriété ? Ai-je bien les outils pour le faire ? La problématique n'est pas nouvelle et a depuis longtemps été traitée philosophiquement, politiquement, sociologiquement, économiquement, etc. D'une part, je n'ai lu ni Hobbes, ni Locke, ni Marx, ni même Proudhon. Je pense connaître les grands traits de leur pensée en ce qui concerne la propriété, mais sans avoir directement lu leurs écrits, je ne puis que me fier à ce que leurs commentateurs en ont présenté. Or sur un sujet d'une si grande importance, je ne puis faire l'impasse d'une connaissance non-tronquée, si je ne veux commettre d'erreur flagrante de raisonnement. D'autre part, quand bien même aurais-je lu exhaustivement les penseurs qui ont conceptualisé cette notion de propriété, qu'aurais-je à apporter à sa critique qui n'a déjà été soulevé ?

Il se trouve que j'ai été confronté dans mon activisme militant pour les libertés sur Internet à ce que l'on nomme propriété intellectuelle. C'est par ce biais que je peux espérer trouver une réflexion enrichissante me permettant effectivement de m'attaquer à la propriété.

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Le poids de l'ordre social voltairien

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L'esprit d'une nation réside toujours dans le petit nombre qui fait travailler le grand, est nourri par lui, et le gouverne.

Cette citation de Voltaire revient comme un refrain dans les exposés – ô combien instructifs – d'Henri Guillemin diffusés par la radio télévision suisse. Bien évidemment, à propos de la Révolution de 1789 et de l'avènement d'une richesse mobilière – banquiers, affairistes, riches commerçants – succédant à la richesse immobilière – noblesse et clergé. Mais on retrouve également cette citation pour illustrer la prise de pouvoir de Napoléon, ou la politique intérieure poursuivie par Adolphe Thiers en 1870 et pendant l'insurrection de la Commune de Paris. Ou encore lors de l'inexorable progression vers la première guerre mondiale durant les gouvernements successifs de la IIIe République sur fond de déchirements vis-à-vis de la mise en place d'un impôt sur le revenu. À toute époque, cette conception voltairienne de l'ordre social a été ce qui a guidé la conduite des affaires politiques, tant intérieures qu'extérieures.

Il semble qu'il ne faille pas cesser de rappeler cette citation, tant elle illustre toujours aussi parfaitement à l'heure actuelle l'essence même de ce qui ordonne les rapports sociaux.

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J'ai comme envie d'une insurrection non pacifique

dans la catégorie Pas content !

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Tout est parti de ce gazouillis. Ça faisait un moment que ça montait. J'ai envie de dire 42 ans – mon âge. Depuis toujours je sens en moi une colère et une envie grandissante de la faire sortir. 140 caractères ne suffisent plus. Voilà pourquoi j'ouvre ce blog.

Il est d'usage de commencer un blog en y explicitant sa motivation et en laissant présager ce qu'on y trouvera. Ce billet se propose de peindre ce tableau.

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Au NON de la Démocratie

dans la catégorie EU

Lettre ouverte d'activistes du logiciel libre concernant le référendum sur le traité constitutionnel européen (TCE), partant de leur expérience de témoins et acteurs des débats autour de la directive européenne sur la brevetabilité des programmes d'ordinateurs pour soulever les défaillances démocratiques du fonctionnement de l'Union européenne, tel que proposé dans cette « constitution ».

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Pas de José, pas de défilé – Mon 14 juillet au poste

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Une ou deux semaines avant la fête nationale, des militants altermondialistes distribuaient des tracts, qu'on pouvait également télécharger sur Internet, avec pour mot d'ordre « Pas de José, pas de défilé : photocopiez ce document et brandissez-le lors du passage du “Chef” de l'État sur les Champs Élysée, lundi 14 juillet ! »

Le jour dit, je colle 2 tracts sur une branche « cueillie » la veille dans la forêt de Fontainebleau et je pars prendre le métro, ma pancarte à la main. Les stations des Champs étant bien entendu fermées, je tente de gagner le défilé par le pont des Invalides. Hélas en m'approchant, je découvre que le pont est « filtré » par une bonne dizaine de représentants de l'ordre qui imposent une fouille des sacs à toute personne voulant gagner la rive droite de la Seine. Tant pis je tente ma chance !

Et j'ai bien raison, puisque mon sac ne contenant aucun objet « contondant », le policier qui le fouille me laisse passer, ne remarquant même pas ma pancarte, que pourtant je ne cache pas… Dix mètres plus loin, il me rappelle : "hé ! j'avais pas vu ça, vous avez quoi à la main ?" Circonspect, il examine ma pancarte, prend un air embêté et me sermonne de rester discret. J’acquiesce, trop content de me retrouver en face d'un gardien de la paix plutôt pacifique, lui reprend la pancarte des mains, lorsque son chef intervient, costume sombre, taille impressionnante, visage carré derrière des lunettes noires : "Niet ! NIET ! Pas de ça !" Je rebrousse alors chemin, restant sourd aux appels des policiers, n'ayant pas envie de savoir pourquoi ils voudraient encore me retenir.

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